PAGE D'ACCUEIL La mission du 487ème BG, le 11 Mai 1944

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..

 

Le 11 Mai 1944, 13 bombardiers B-24 du 487ème Bomber Group décollèrent de leur base de Lavenham à Suffolk à 10H20, avec pour mission de bombarder la ville de Troyes. Dès son décollage, un des B-24 fit demi-tour et rentra à sa base en raison de problèmes mécaniques. Ainsi, les 12 B-24 restant prirent la direction de Troyes. Vers 14H30, la formation arriva au-dessus de Châteaudun où la visibilité était plutôt bonne en altitude mais un léger brouillard existait à basse altitude.

 

 

Tout d'un coup, la Flak entra en action de façon intensive. Les bombardiers rencontrèrent une très forte défense anti-aérienne allemande et trois appareils s'écrasèrent, touchés mortellement (un 4ème gravement touché put rentrer en Angleterre où il s'écrasa finalement):

 

bombardier

Groupe

Squadron

Nr de Série

Pilote

Lieu du crash

B-24

487th BG

838th BS

42-29468

VRATNY

Coulonges-les-Sablons

B-24 H

487th BG

838th BS

42-52763

BRODSKY

Guillonville

B-24 H

487th BG

838th BS

42-652444

2ème Lt McCLEARY

Varize/Bazoches-en-Dunois

B-24

487th BG

838th BS

42-52591

DUNCAN

Angleterre

 

 

Le crash du B-24 de l'équipage de VRATNY

 

Le B-24 du Lt VRATNY fut le premier bombardier touché par la Flak lors de son passage au-dessus de Châteaudun. Sévèrement touché, le pilote décida d'abandonner la mission et de faire demi-tour pour rentrer en Angleterre. Toutefois, les dommages étant importants, l'appareil perdit de l'altitude et l'ordre fut finalement donné d'évacuer l'avion. L'ensemble de l'équipage sauta en parachute et l'appareil s'écrasa au Nord de Nogent-le-Rotrou, dans l'Orne.

 

 

 

 

Les onze hommes à bord seront tous sains et saufs. Toutefois, six membres de l’équipage seront faits immédiatement prisonniers : le Cpt Donald E. Wilson, le Cpt Francis G. Hodge, le S/Sgt Arthur J. Pelletier, le S/Sgt William M. Alich, le S/Sgt John P. Watson et le S/Sgt Lawrence Heimerman.

Equipage de VRATNY

Le 1er Lt Frank Vratny parviendra d’abord à s’évader avec l’aide de la Résistance locale et passera par Brou, Versailles, Paris, Vincennes, Paris à nouveau avant d’être arrêté le 19 juillet 1944, en route vers l’Espagne en camion, avec 15 autres aviateurs évadés.

Quatre aviateurs réussissent malgré tout à s’évader: Walter Duer, le Lt Col Beirne Lay, le 1st Lt Alfred H. Richter, et le S/Sgt Robert W. Peterson.

Dans son rapport d’évasion, le Lt Colonel Beirne Lay indique qu’il donna l’ordre d’évacuer l’appareil à 5 miles au Nord de Châteaudun car son B-24 était lourdement endommagé. L’intercom ne fonctionnant plus, le Lt-Col. Beirnes Lay demanda au navigateur d’aller avertir tout le monde d’évacuer l’avion. Le pilote Vratny actionna alors la sonnerie d’alarme et maintint le contrôle de l’avion pour permettre à tous de sauter. Le Lt Col Lay restera à bord après le saut de Vratny et quittera l’avion en dernier. Il saute vers 10.000 pieds d’altitude. Après son atterrissage, il retrouva le Lt DUER, et ensemble, ils se cachèrent sous des arbres puis rampèrent à travers un champ pour se cacher dans un grenier à grains où ils demeurèrent durant deux jours. Les français leur apportèrent à manger et des habits civils, ainsi que des conseils pour éviter les troupes allemandes dans la région. Le 13 Mai, ils décidèrent de quitter leur cachette et marchèrent toute la nuit vers l’Ouest. Ils rencontrèrent un premier curé qui les hébergea durant deux jours mais il ne réussit pas à prendre contact avec la résistance locale. Les aviateurs décidèrent de repartir et de marcher durant 10 jours, aidés par différents paysans français qui leur fournissaient de la nourriture. Il rencontra ensuite un second curé d’un village qui les mit en contact avec une femme française qui parlait anglais puis avec un groupe de résistants qui les hébergea durant 12 jours. Le 5 Juin 1944, les deux aviateurs furent emmenés en voiture dans la ferme de la famille PAUGOIS, située à Mazanché, près de Vendôme. Ils y restèrent cachés jusqu’au le 13 août 1944, date de la libération de la ville de Vendôme par les troupes américaines.

Mr X - Walter DUER - Mr PAUGOIS - Mme PAUGOIS

 - Col. LAY à la Ferme de Mazange

Quant au Lt RICHTER, il atterrit au Nord-Est de Nogent-le-Rotrou et retrouva ses camarades le Capt WILSON et le Sgt PELLETIER dans un bois, où ils restèrent cachés durant deux jours. Un paysan les nourrit et les mit en contact avec un officier français qui prétendait avoir retrouvé aussi les Sgt WATSON, PETERSON et HEIMERMAN. L’officier français vint les chercher et les confièrent à deux guides qui les emmenèrent à Paris. Ils furent cachés dans un immeuble près d’une école et puis interrogés durant plusieurs jours (afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas des agents infiltrés de la Gestapo). Ensuite, les trois aviateurs furent séparés et le Lt RICHTER fut hébergés durant deux jours chez M. DUPRES, propriétaire d’une petite épicerie (qui avait été soldat dans la marine française, avant la guerre). Il fut déplacé par un gendarme français dans une autre partie de la ville, où il retrouva PETERSON et WILSON. Ils y restèrent deux jours également.

Lt Alfred H. RICHTER

 

Les Lt RICHTER et PETERSON furent emmenés chez Mme CHRISTOL où ils y reçurent les visites régulières de résistants, tels que Dorothy TARTIER, Albert MAHUZIER, « Geneviève »,.. 

Le départ vers l'Espagne fut convenu pour le 06 Juin 1944 mais le débarquement en Normandie vint contrarier cette évasion. En même temps, pourquoi faire un long et dangereux voyage vers l'Espagne alors que les Alliés arrivent et vont libérer Paris dans les jours à venir? Malheureusement, la bataille de Normandie va durer plus de deux mois..

Le 11 Juin, les Lt RICHTER et PETERSON rencontrèrent un autre aviateur anglais sur chasseur Typhoon, James STEWART. Tous les trois se promenèront au Trocadero et sur les quais, au nez des soldats Allemands! Albert MAHUZIER alla jusqu’au prendre une photo des aviateurs alliés au milieu des soldats allemands (photo qui existe toujours mais dont nous n'avons pu obtenir les droits de publier).

Le 27 Juin, finalement, le Lt RICHTER est séparé de son camarade PETERSON et quitte le logement de Mme CHRISTOL pour  être transporté en train de Paris jusqu’à Pau, accompagné de M. MAHUZIER.

A Pau, il fut logé trois semaines chez M. Léon VANDERPOOL. Le 22 Juillet, M. VANDERPOOL et son fils (Paul) l’emmenèrent en vélo dans une ferme de montagne où il rencontra des passeurs basques, des guides de haute montagne. La traversée de la frontière espagnole se fit dans la nuit du 23 au 24 Juillet et un prêtre espagnol prit en charge le Lt RICHTER pour l’emmener sur la route de RONCESVALLEE où un taxi les attendait. Il fut conduit à Saint-Sébastien et RICHTER se présenta au consulat américain. Il fut emmené à IRUN pendant une semaine, puis à Alhama. Le 13 Août, le Colonel SPILLMAN l’emmena à Madrid puis Gilbraltar où il prit un avion le 16 Août pour regagner l’Angleterre le 17 Août.

Il semble que PETERSON ait suivi le même parcours quelques jours plus tard. En effet, il traversa la frontière espagnole le 22 Août (soit un mois après le Lt RICHTER) et chemina par Barcelone pour rejoindre Gilbraltar le 2 Septembre 1944. Le 04 Septembre, il regagnait l’Angleterre par les airs.

 

Le 11 Août 2015, Richard RICHTER, le fils d'Alfred H. RICHTER est venu de Miami (Floride) pour visiter le Perche et se déplaçer à Nogent-le-Rotrou afin de retracer le périple de son père en Mai 1944.

 

 

 

Le crash du B-24 de l'équipage de BRODSKY:

 

En second position dans la formation, le B-24 du Capitaine BRODSKY fut également pris pour cible par la Flak qui se concentrait tout particulièrement sur les appareils en tête de la formation. Tout comme le B-24 de VRATNY, le bombardier de BRODSKY fut fut touché de plein fouet, endommageant sévèrement les deux moteurs droits. BRODSKY dut alors quitter la formation. Le crash de l'appareil étant inévitable, l'équipage voulut larguer ses bombes pour libérer l'issue de secours mais ils ne purent en raison des dommages subis par la soute. L'équipage en soute ne pouvait donc plus évacuer l'avion en sautant en parachute; L'avion étant relativement stable et rempli de ses bombes (un atterrissage forcé est donc impossible), BRODSKY décida de tenter un retour en Angleterre et fit demi-tour. Malgré tout, l'équipage perdit de l'altitude et l'atterrissage forcé devint la seule option possible. Excepté le Lt JOHNSON qui sauta en parachute, l'ensemble de l'équipage décida de rester dans l'appareil et de tenter malgré tout un atterrissage forcé auprès d'une ferme sans obstacle (arbres,...). De façon surprenante, l'atterrissage forcé se fit sans trop de difficulté sur environ 300 mètres.

Dans le cockpit, BRODSKY et ROBERTS eurent des difficultés à sortir de la carcasse d'avion car une armoire bloquait la porte d'accès au compartiment radio. Ils trouvèrent tout de même une sortie et le reste de l'équipage demanda de l'aide pour pouvoir sortir de la soute. Le feu prit naissance sur le moteur N°3 et commença à s'étendre à l'ensemble de l'avion. Les deux survivants libérés de la carcasse tentèrent de circonscrire ce feu pour permettre le sauvetage de leurs camarades mais ils durent y renoncer et s'éloigner du B-24. L'avion explosa quelques instances après, avec à l'intérieur du compartiment radio, sept hommes d'équipage. La présence des bombes dans la soute ne laissa aucune chance à ces hommes. L'explosion se vit à des kilomètres à la ronde attirant également les troupes allemandes.

 

Les débris du B-24 du Lt BRODSKY

Lt Thomas PEARCE

 

 

BRODSKY et ROBERTS se cachèrent sous un massif d'arbres en bordure du champ où eut lieu l'explosion. De nombreux allemands arrivèrent sur place et un deux découvrit les rescapés dans leur cachette. Ils ne résistèrent pas et se rendirent. Ils furent emmenés près de Berlin pour y être interrogés, puis furent emmenés au Stalag3 à Sagan en Allemagne. Vers la fin de la guerre et face à l'avancée russe, ils furent déplacés dans un autre camp à Moremburg en Allemagne. Ils s'échappèrent de ce dernier camp et traversèrent l'Ouest de l'Allemagne pour enfin regagner la 7ème Armée Américaine en Avril 1945.

Les corps des aviateurs furent inhumés au cimetière Saint-Chéron de Chartres, puis déplacés au cimetière militaire américain de Blosville (Près de Carentan) excepté le corps de Walter SIMONI qui fut déplacé au cimetière militaire de St-Corneille (près du Mans). Tous furent à nouveau réenterrés, après la fin de la guerre, dans le cimetière militaire américain de St-Laurent-Sur-Mer en Normandie. Seul le corps de Walter SIMONI fut rapatrié aux USA, après la guerre.

Le Lt JOHNSON, qui avait sauté en parachute, regagna le sol sain et sauf mais il fut aussi fait prisonnier par les Allemands.

 

 

Illustration du B-24 "Blow Job" par Christian Dieppedale (Site Web "La mémoire des Nuages)

 

 

Le crash du B-24 de l'équipage de McCLEARY:

 

Un aviateur situé dans un autre bombardier de la formation vit le B-24 de McCLEARY être touché au niveau d'un des moteurs qui prit feu. Immédiatement, le feu gagna l'ensemble de l'avion qui explosa à 2000 pieds d'altitude, coupant l'avion en deux morceaux. Sur le moment, les témoins crurent qu'il n'y avait aucun survivant car l'avion explosa immédiatement.

Malgré tout, le Sergent Harold OWENS put sauter en parachute et regagner le sol sain et sauf. Il fut secouru, caché et hébergé dans une famille française puis remit à M. PICOURT, chef d'un réseau d'évasion chartrain. Il fut sans doute transporté à Paris en train le 24 Mai 1944 avec un autre aviateur américain, le Lieutenant James LAING. Toutefois, ce réseau ayant été infiltré par un agent double, les deux aviateurs furent remis à la Gestapo. Ils furent incarcérés dans un premier temps à Fresnes jusqu'au 11 Juillet 1944 puis emmené dans des camps en Allemagne (le dernier étant sans doute le Stalag Luft I à Barth).

 Les corps des aviateurs furent inhumés dans le cimetière d'Orléans puis ré-enterrés dans le cimetière militaire américain d'Epinal après la libération. L'équipage du B-24H du Lt McCLEARY se composait de 10 aviateurs:

 

 

De gauche à droite derrière: SIMMONS (remplacé par Mc CLEARY en Mai 1944), MacCOY, PERRY, KRAMER

Devant: MacKEE, BARBOZA, OWENS, KNAPP, CHURM

 

Sergent Harold OWENS   Lt Mc CLEARY

 

 

La venue de militaires américains en 2013

 

En Mars 2013, l'Association Forced Landing fut contactée par l'agence américaine DPMO (Defense Prisoner of War, Missing Personel Office) missionnée par le Congrés américain afin de retrouver le corps d'un aviateur porté disparu depuis le 11 Mai 1944 sur le territoire de Varize.

Le 8 Septembre 2013, la Municipalité de Varize nous accueillit très amicalement et les témoins de l'époque partagèrent leurs souvenirs avec la délégation militaire composée d'un historien, d'un médecin légiste, d'un démineur et de trois traducteurs.

Toutefois, lorsque l'Association prit connaissance du nom de l'aviateur recherché (S/Sgt Bronis LIPSKAS), les recherches prirent une toute autre tournure car le B-24 de cet aviateur ne s'écrasa non pas à Varize mais dans un hameau de la Commune de Guillonville. Grâce aux connaissances locales de M. Pierre, Président de l'Association, le groupe se rendit sur les lieux du crash, les derniers vestiges furent balisés mais aucun reste humain ne furent retrouvé (le champ fut entièrement nettoyé après la guerre). Mme Belton, habitante dans la ferme voisine, communiqua de riches informations aux militaires américains.

Cette journée se termina avec un goût d'inachevé mais cela n'était que partie remise...

 

Recherches sur le crash de Varize

 

Recherches sur le crash de Varize

 

Recherches effectués par le DPMO sur les lieux du crash de Guillonville

avec la collaboration de l'Association Forced Landing

 

Crash de Guillonville

 

 

Crash de Guillonville

 

 

La cérémonie commémorative du 9 Mai 2015

 

Le 9 Mai 2015, une plaque commémorative fut inaugurée avec la collaboration des Municipalités de Varize, Bazoches-en-Dunois et de l'Association Forced Landing.

De nombreuses personnalités nous firent l'honneur de leur présence (la famille McCLEARY, Walt Linne et Barbara Kelly de l'association américaine AWON, le Major Gringras de l'ambassade américaine, Mme ROBLIN en sa qualité de sous-Préfète de Châteaudun, M. De Montgolfier en sa qualité Sénateur, M. Vigier en sa qualité de Député, plusieurs représentants de la base aérienne de Bricy/Châteaudun, ...). L'Association des anciens combattants, les sapeurs-pompiers locaux, la fanfare de Terminiers et la présence de nombreux habitants ont donné des couleurs chaleureuses à cette manifestation.

 

Lorin McCLEARY et son épouse, Roberta

Major Gringas, M. Guy Billaut (Maire de Bazoches-en-Dunois)

et M. Philippe Gaucheron (Maire de Varize)

 

Cet évènement a été l'occasion de remémorer le sort des trois B-24 et de leurs équipages du 487th BG, 838th BS tombés ce 11 Mai 1944 à Coulonges-les-Sablons, Varize/Bazoches-en-Dunois et à Guillonville. Cette inauguration fut l'aboutissement d'un long travail de recherches pour l'Association Forced Landing. La présentation ci-dessus n'est qu'un bref résumé de ce gigantesque travail.

 

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