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Le 17 Juin 1944, les B-17 du 306th BG sont chargés de bombarder massivement un pont ferroviaire enjambant la rivière "la Sarthe" à Noyen-sur-Sarthe (Sud-Ouest du Mans). La formation décolle de sa base anglaise de  THURLEIGH (Station n°111) vers 10H00 et le survol de la Manche se fit sans difficulté (temps nuageux).

En revanche, le passage de la côte française fut plus délicate, la Flak allemande étant très active. C'est à cet endroit, à 11H08, que le B-17 G Nr 42-38163 (piloté par le 2nd Lt Joseph W. PEDERSEN du 306th BG, 367th BS) fut endommagé par cette Flak. Un témoin, le 2nd Lt Charles C. WEGENER qui se trouvait alors dans un autre B-17 de la formation, assista à cet incident. Toutefois, les dommages semblant peu importants, le pilote Joseph W. PEDERSEN et son équipage décidèrent de continuer leur mission. A noter qu'un bombardier qui quitte sa formation est un bombardier seul et donc sans défense face à la chasse allemande... Compte tenu des dommages mineurs, il était donc vitale de rester au sein de la formation.

Le restant du voyage se fit tant bien que mal jusqu'au moment où un des moteurs du B-17 s'enflamma à 12H45 au Nord-Est du Mans, juste avant le bombardement. La situation devint critique, le feu risquant de se communiquer aux réservoirs et faire exploser l'appareil. Le pilote Joseph W. PEDERSEN décida de quitter la formation, fit demi-tour et ordonna l'évacuation de l'appareil. Les neufs membres d'équipages sautèrent en parachute au-dessus de la ville de Loué et le bombardier continua encore un peu sa route en amorçant une descente tournoyante au travers des nuages. L'ensemble de l'équipage fut sain et sauf et l'appareil s'écrasa à Torcé-Viviers-en-Charnie.

 Voici les différents membres d'équipage du B-17 Nr 42-38163:

Pilote 2nd Lt Joseph W. PEDERSEN matr. 0-809865  
Co-pilote 2nd Lt Léon J. BLOOD matr. 0-818819  
Navigateur 1st Lt Ragnar  GUSTAFSON matr. 0-811635  
Bombardier 1st Lt William SMITH matr. 0-725095  
Mitrailleur tourelle haute T/Sgt Barney  F. ARNOLD matr. 18061280  
Radio-opérateur T/Sgt John E. WONNING matr.35691651  
Mitrailleur Ball. Turret S/Sgt Jack E. BLACKWELL matr.39698014  
Mitrailleur Waist. S/Sgt Warren E. KERR matr.37002808  
Mitrailleur Tail. S/Sgt Herman P.J.R. EHRHARD matr.17081672  

 

L'évasion d'Herman EHRHARD et de Bill SMITH

Le S/Sgt Herman EHRHARD atterrit dans un champ près d'une ferme à proximité de la ville de Loué. Voici son témoignage:  "Conformément aux consignes militaires, je cachai mon parachute dans les broussailles de la haie du champ mais un groupe de fermiers vient à ma rencontre. Je réussis à me faire comprendre et à expliquer que j'étais un aviateur américain. Ils m'emmenèrent sur une courte distance se cacher dans un bosquet et nous y restions quelques heures  afin que je tombe pas entre les mains des soldats allemands. On m'apporta à manger et à boire. Tard dans l'après-midi (peut-être 16 ou 17 heures), on m'emmena en charrette dans la ville de Loué où ,semble t'il, la résistance était très active. Les parents d'un enfant de 15 ans y avait été pris comme otages puis exécutés par les Allemands en représailles du non respect de la loi allemande... Après le repas du soir, un docteur local vint m'examiner pour un mal de tête et pour déterminer si j'avais besoin de soins particuliers. Ce docteur connaissait les noms de trois de mes camarades. Le jour suivant (18 juin 1944), en milieu de matinée, je fus à nouveau caché dans une charrette pour sortir de la ville. Sur le chemin, on s'arrêta pour prendre un des membres de mon équipage, Bill SMITH. Nous fûmes ensuite emmenés et cachés dans une forêt où le mouvement de résistance avait un camp secret. Ce camp (le maquis d'Etival) était commandé par un militaire britannique (commandant HUDSON) et possédait des armes, des munitions et des explosifs, le tout ayant été parachuté de nuit. C'est dans ce camp que nous avons rencontré un aviateur australien qui avait été abattu une semaine auparavant. On nous assura que ce camp était bien protégé et que la forêt était un endroit sûr. Cependant, à la tombée de la nuit du 20 Juin, le camp fut attaqué par les soldats allemands. Tout le monde fut surpris. Quand les sentinelles nous informèrent que les Allemands arrivaient, tout le monde s'éparpilla. Nous (les trois aviateurs alliés) avons quitté les lieux par nous-même et, par chance, un jeune français qui parlait bien l'anglais nous guida et nous fit sortir de la forêt. Ceci nous fit prendre conscience des conséquences si nous avions été attrapés. La seule information que j'ai à propos de ce jeune français était que son prénom était Jacques et que son père était chaudronnier à Rennes. Quelques jours après, il nous confia à un autre groupe de résistance (maquis de la Petite Charnie) et nous ne l'avons jamais revu. Nous passions d'un groupe à un autre jusqu'à la première semaine d'août. A ce moment, nous fûmes trouvé par une patrouille d'infanterie américaine et nous fûmes transportés sur un terrain d'aviation en Normandie puis emmenés en Angleterre".

Hermann P. EHRHARD

 

L'évasion de John WONNING

Agé de 24 ans, cette mission était la 13ème pour le T/Sgt John WONNING . Tout comme ses camarades, il évacua l'appareil en feu et atterrit près de Loué. Il était alors gravement blessé au bras (ainsi que sur l'ensemble de son corps) par les éclats de l'obus qui avait précédemment endommagé son B-17 au-dessus de la côte française. Des habitants vinrent à sa rencontre et ses premières craintes s'estompèrent dès qu'il réalisa qu'ils n'étaient pas hostiles. Il fut transporté dans la maison de M. GRATTAY puis de M. PERROTEL. Un médecin, le docteur POTTIER, vint examiner ses blessure et son diagnostique était sans appel: l'amputation du bras s'imposait et seules les autorités allemandes étaient en mesure de fournir les soins adéquates. Il était donc urgent et impératif que le T/Sgt John WONNING soit remis aux autorités Allemandes afin de disposer des soins indispensables.

John WONNING se livra alors de lui-même aux Allemands. Il fut hospitalisé dans un hôpital du Mans où il fut bien soigné (son bras fut finalement sauvé) puis il fut interné dans le Stalag 221 à Rennes. Lorsque les Allemands évacuèrent ce camp face à l'avancée des troupes terrestres américaines, lui et 39 autres prisonniers furent enfermés dans un wagons de marchandises. Le train prit le chemin de Redon, Nantes, Angers jusqu'à Langeais (près de Tours) où il fut stoppé par l'attaque de quatre P-47. Lors de cette attaque, de nombreux prisonniers furent tués, d'autres tentèrent de s'évader mais les gardes allemands n'hésitèrent pas à les abattre. Pour sa part, John WONNING fut de nouveau blessé par  une balle de calibre 50 (provenant d'un des P-47), ce qui lui imposa une nouvelle hospitalisation à Tours. Par une habile ruse (substitution de documents administratifs signalant sa présence dans l'hôpital), les troupes allemandes évacuèrent Tours en laissant derrière eux le T/Sgt WONNING. Dès le lendemain, les troupes américaines arrivèrent et le prirent en charge en l'emmenant plusieurs mois durant dans un hôpital à Paris. En convalescence, il ne put rentrer aux USA qu'en Octobre 1945.

Dès le 28 Juin 1944, M. et Mme Monroe WONNING (parents du T/Sgt John WONNING) reçurent un télégramme les informant que leur fils était porté disparu lors d'une mission au-dessus de la France. Par chance, ils obtinrent davantage d'informations par le biais d'une mère d'un autre aviateur, le Lt EILAR, qui volait dans un autre B-17: il observa l'évacuation du B-17 en perdition et il constata que tous les membres purent regagner le sol sains et saufs. Il en informa sa mère qui, à son tour, écrivit à M. et Mme WONNING pour les rassurer.

         T/ Sgt John WONNING

 

L'évasion de Ragnar  GUSTAFSON

Les premières traces de l'évasion du 1st Lt Ragnar GUSTAFSON sont retrouvées au château de Martigné où il fut caché par Louis PRIE (réfractaire au S.T.O camouflé à la ferme de Martigné, Avessé). Compte tenu de la présence d'Allemands au château de Martigné, il fut pris en charge par M. Maurice PRIE (régisseur du château de Juigné) et transporté en bicyclette dans les dépendances du château de Juigné. Les Allemands s'installant  parfois au Château, M. RINGEARD (épicier de Juigné) accepta de l'héberger dans une chambre, réserve de l'épicerie, au premier étage de la maison voisine. Il semble que le Lt Ragnar GUSTAFSON soit resté caché jusqu'à la libération de la région par les Américains.

          

1Lt Ragnar E. GUSTAFSON

 

L'évasion du 2nd Lt Joseph W. PEDERSEN

Le pilote Joseph W. PEDERSEN regagna sain et sauf le sol et il rentra immédiatement en contact avec un espagnol portant le nom de Louis MARTIN. Il resta une semaine avec cet homme puis il fut transporté au village d'Auvers-sur-Montfaucon dans la ferme de la famille d'André PORTIER. Il fut ensuite caché au Mans, chez un barbier du nom de Louis BENOIST, puis chez Mme Hélène LE BIHAN (habitant de Fille) puis est retourné au village d'Auvers-Sur-Montfaucon. Le 25 Juillet 1944, M. PORTIER, M. BENOIST et Joseph PEDERSEN furent capturés à la maison des PORTIER, dénoncés à la Gestapo par Jean-Jacques DESOUBRI (traître belge ayant infiltré les réseaux d'évasions de la région) et Mme ORSINI (voir réseau PICOURT). Ils furent envoyés au camp de concentration à Buchenwald où M. PORTIER et M. BENOIST trouvèrent la mort. Après sa libération en 1945, il retourna aux USA. Il décéda le 23 Juillet 1986.

2nd Lt Joseph PEDERSEN

L'évasion des autres membres de l'équipage

Nul ne sait le sort des autres membres d'équipage. Nous savons uniquement que le T/Sgt Barney  F. ARNOLD est mort le 22 Août 1944, des suites de ses blessures.

Le travail de l'Association FORCED LANDING

En 1994, le fils de Joseph PEDERSEN adressa une lettre à M. PIERRE, président de notre association afin d'obtenir des informations sur l'histoire de ce crash et de ses membres d'équipage. Grâce au travail de M. Jean PIERRE, les premiers contacts furent établis dès 1994 avec l'association du 306th BG, Herman EHRHARD et John WONNING. Rapidement, l'histoire du B-17 Nr 42-38163 et de son équipage fut reconstituée.

Le 28 Mai 1995, le fils de Joseph PEDERSEN put se rendre en compagnie de M. Jean PIERRE (Association Forced Landing) et de M. Guy BOURGET sur les lieux du crash du B-17 piloté par son père 50 ans auparavant.

En Octobre 2007, Mme ANNA SHIPLEY (nièce de John WONNING) se rendit à son tour à Loué en compagnie de M. Jean PIERRE et de M. Guy BOURGET pour y découvrir l'histoire de son oncle durant la seconde guerre mondiale.

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