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| PAGE D'ACCUEIL | LE RESEAU PICOURT | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Mr PICOURT, UN RESISTANT DE LA 1ère HEURE Mr Raymond PICOURT était un pharmacien installé au 15, Avenue Jehan de Beauce à Chartres en 1944 et, malgré lui, son nom fut mêlé à une triste histoire de trahison de la part de deux autres résistants. Voici cette histoire... Mr PICOURT naquit au Treport en Octobre 1900 et s'établit à Chartres comme pharmacien en 1934. Il fut mobilisé en 1939 et 1940 contre l'invasion allemande et devint Lieutenant. Après la défaite française en Juin 1940, il fut démobilisé en Août 1940 et reprit son activité professionnelle. Patriote, Mr PICOURT décida de continuer son combat contre les Allemands mais, cette fois-ci, dans l'anonymat: il devint un agent secret de renseignement du Général de Gaulle (agent secret N°S RNX/1281) et devint également membre d'un réseau d'évasion. En effet, il se chargea de trouver les aviateurs alliés tombés en Eure-et-Loir et de les guider jusqu'à Paris où d'autres membres se chargaient de rapatrier les aviateurs en Angleterre soit directement à partir des côtes normandes et Bretonnes soit à partir de Gilbraltar en traversant bien souvent les Pyrénnées à Pied. LA MISE EN PLACE DE SON RESEAU D'EVASION Le premier aviateur qu'il aida était le Sergent Timothee HAY (bombardier un Lancaster du 61 Squadron crashé près de Chartres dans la nuit du 15 au 16 août 1944). Il fut caché 12 jours au sein de la famille PICOURT. Au même moment, il recueillit également un lieutenant américain (Lt Léonard FINK) tombé dans la forêt de Rambouillet. Parmi ses voisins âgés, Mr PICOURT connaissait une vieille dame de confiance dénommée TRENOY qu'il visitait tous les jours et, avec qui, il entretenait une amitié forte. Cette dame avait une unique fille de 38 ans, Mme ORSINI. Mr PICOURT se confia rapidement à Mme TRENOY, lui avouant la présence de deux aviateurs alliés cachés chez lui. Comme toutes bonnes vieilles dames, elle ne put s'empêcher d'en parler à sa fille qui découvrit l'activité clandestine de M. PICOURT. Mme ORSINI (une rousse qui sera appelée par les aviateurs "la femme aux cheveux rouges") proposa alors ses services à Mr PICOURT qui accepta. Cette dernière connaissait préalablement, M. PORTE, un policier originaire de Chartres qui avait travaillé contre les Allemands et qui avait dû se réfugier à Paris. M. PORTE vint alors à Chartres chercher son premier aviateur (le Sergent Timothee HAY) et Mme ORSINI se chargea d'emmener en train à Paris le second aviateur, le Lieutenant Léonard J. FINK (matr. 07966510). Une longue période s'écoula sans chute d'avions en Eure-et-Loir vers Fin 1943 mais le 07 Janvier 1944, sept aviateurs survécurent à un crash vers Orgères-en-Beauce. Il s'agissait des Lt Royce SMITH, Robert HIRSCH, Duane STRAYER, TACKRAY, les sergents Relius NOBLES, Edward GILBERT et William DONLEY. Mme ORSINI étant introuvable à ce moment, Mr PICOURT emmena personnellement ces aviateurs à Paris. Quelques temps après, deux aviateurs américains (Lt GLAZE, navigateur et Sgt Warren COLE) arrivèrent de Hollande pour gagner Gilbraltar. Mr PICOURT les cacha durant un mois à Chartres puis ils furent envoyés à Toulouse par l'intermédiaire d'un autre résistant, Mr LECLERC, employé des chemins de fer à Orléans. LE NOUVEAU RESEAU D'EVASION Très rapidement, Mr PICOURT reçut ensuite un nouvel équipage à envoyer vers l'Espagne. Les aviateurs étaient le Lt Jessee HAMBY, le Sgt Simon COHEN et le Sgt Pudna JOHNNIE. Impatient, le Lt HAMBY partit seul sans l'aide du réseau d'évasion. Les autres furent cachés 15 jours chez Mr PICOURT puis emmenés à Orléans en bicyclette chez Mr LECLERC à Orléans. Malheureusement, la maison de Mr LECLERC où étaient cachés les deux aviateurs américains fut bombardée et Mr LECLERC ne put plus cacher les évadés alliés. Mr PICOURT trouva un nouvel aviateur, le Lt James FIELDS (pilote de P-47) qu'il dut alors cacher chez lui durant un mois. Mme TRENOY, la voisine, décéda (de vieillesse) et Mme ORSINI vient quelques temps s'occuper du "BUFFET HOTEL" de la gare de Chartres. Mr PICOURT n'eut pas d'autres choix que de demander l'aide de Mme ORSINI. Toutefois, entre temps, M. PORTE fut arrêté par la Gestapo. Il fallait désormais trouver une nouvelle filière d'évasion. Mr PICOURT et Mme ORSINI allèrent ensemble à Paris rencontrer un homme (sans doute M. HENRY) spécialisé dans les évasions par les Pyrénées (Réseau Comète). Ainsi, Mme ORSINI se chargeait désormais de transporter en train les aviateurs du Réseau Picourt et de les remettre à M. HENRY à Paris. LA TRAHISON... Par l'intermédiaire de M. HENRY, Mme ORSINI fit la connaissance d'un certain "JEAN-JACQUES", âgé de 28 ans, qui avait un accent belge. Il semble que M. HENRY ait été arrêté par la Gestapo et que le nom de Mme ORSINI ait été découvert dans le carnet du résistant. M. HENRY fit des révélations complètes donnant tous les détails. Il fut remis en liberté sous réserve qu'il permette à un agent double d'infiltrer le Réseau PICOURT en le présentant à Mme ORSINI comme étant un membre actif d'un réseau d'évasion. Ce redoutable agent double était Jean-Jacques DESOUBRI qui réussit à infiltrer et éliminer le Réseau Comète quelques mois auparavant. Durant les mois qui suivirent, ce fameux "Jean-Jacques" et Mme ORSINI vinrent ensemble de Paris à Chartres en voiture pour prendre en charge les aviateurs recueillis par Mr PICOURT dans l'Eure-et-Loir. Mr PICOURT ne connaissait pas cet homme mais, compte tenu de l'efficacité (apparente) du réseau d'évasion, il lui présenta peu à peu les résistants d'Eure-et-Loir à savoir Mr VAUVILLIERS, boucher à Saint-Piat, Madame FOREAU, Mr LECUREUR, agriculteur à Orgères et d'autres encore... Ainsi, une cinquantaine d'aviateurs furent remis à Jean-Jacques et à Mme ORSINI durant les mois de Juin et Juillet 1944 afin qu'ils soient acheminés sur Paris pour regagner l'Angleterre, via l'Espagne et Gilbraltar. Le 30 Juin 1944, la maison de Mr PICOURT fut bombardée par les alliés en raison de sa proximité avec la gare de Chartres et il se relogea à Barjouville. Le 4 Juillet, Jean-Jacques et Mme ORSINI vinrent chercher Mr PICOURT à Barjouville afin de récupérer des aviateurs américains à Orgères-en-Beauce et revinrent à Barjouville le 9 Juillet pour uniquement venir "à la pêche aux nouvelles". Au début du mois de Juillet 1944, désormais installés à Chartres, Mme ORSINI quitta son mari pour retourner à Paris. Il était évident que "JEAN-JACQUES" était devenu son amant, entre temps... Toutefois, Mr ORSINI était un homme très jaloux, très violent et très suspicieux, ce qui souleva des inquiétudes au sein du réseau "PICOURT". Le 24 Juillet 1944, Jean-Jacques vint seul chercher des aviateurs en voiture à Barjouville mais il parut découragé et précisa que Mme ORSINI était victime d'une grave crise d'appendicite et que la Gestapo avait arrêté 17 membres du réseau d'évasion. Ce fut la dernière fois que Mr PICOURT vit Jean-Jacques. Nous savons qu'en réalité, Mme ORSINI n'était pas malade mais gravement blessée après que Jean-Jacques lui ait tiré dessus à coup de révolver. Semble t'il, fin Juillet 1944, Mme ORSINI assista à une arrestation d'un résistant du Réseau HUNTER (Guy MOREAU) par la Gestapo en présence de Jean-Jacques DESOUBRI et elle comprit que ce dernier était un agent double qui livrait les aviateurs et des noms de résistants à l'ennemi. Elle tenta de s'enfuir mais son compagnon l'empêcha en lui tirant dessus. Elle fut ensuite hospitalisée dans une clinique de Neuilly jusqu'à la libération. En début août 44, un bruit courut que Mr PICOURT était soupçonné par le chef de la milice d'Eure-et-Loir et il quitta Barjouville pour se cacher chez un ami à Villebon. Il apprit que quatre aviateurs l'attendaient à Orgères-en-Beauce. Il alla les chercher et les ramena à Villebon. Ces aviateurs étaient le Commandant J. MacDONALD (C 890 RCAF), William CALDERWOOD (RAF, matr. 162625), Alexander BALFOUR (matr. 1021030, RAF) et Bernard JUSTASON (matr. 174951, RCAF). Mr PICOURT et ses quatre aviateurs restèrent à Villebon jusqu'à la libération de la région pour les troupes terrestres américaines. Lors de l'absence de Mr PICOURT à Barjouville (caché à Villebon), Jean-Jacques se manifesta une dernière fois auprès de Mme PICOURT, le 8 Août 1944. Connaissant Jean-Jacques comme étant un résistant efficace, Mme PICOURT précisa qu'un aviateur américain était caché à Chartres et qu'il fallait aller le récupérer. Il s'agit alors du Sgt James BOZARTH (matr. 37536354). Mme PICOURT demanda également que les aviateurs de Villebon soit emmenés mais Jean-Jacques répliqua qu'il était inutile de récupérer ces aviateurs car les forces américaines allaient bientôt libérés la région. Jean-Jacques fut vu une dernière fois par Mme Veauvilliers à Saint-Piat le 10 Août dans sa voiture avec 4 homme "au regard méchant". De toute évidence, le dénommé "Jean-Jacques" craignait l'arrivée des troupes américaines et la disparition de Mme ORSINI sembla curieuse. L'APRES-GUERRE Comme bien souvent, l'après-guerre fut synonyme de "règlement de compte" et l'épuration fit son oeuvre. Lors de la libération du camp allemand de BUCHENWALD, des aviateurs alliés furent libérés et racontèrent leur histoire aux autorités. Très vite, il fut rendu public que deux membres du réseau PICOURT avaient délibérément livré environ 50 aviateurs alliés à la Gestapo à Paris. Une enquête fut menée et la vérité éclata: Un certain "Jean-Jacques" et une femme aux cheveux rouges (Mme ORSINI) étaient les traites du réseau d'évasion PICOURT. Ces derniers se voyaient remettre à Chartres, en toute confiance, les aviateurs qu'il fallait remettre à d'autres résistants à Paris afin de les guider ensuite vers l'Espagne. Au lieu de cela, les deux compères partaient bien pour Paris avec leurs "passagers" mais les remettaient immédiatement à la Gestapo. En raison de la guerre, le chef du Réseau PICOURT ne sut jamais si les aviateurs arrivaient bien à destination, ce qui ne souleva donc aucun soupçon. Le fameux Jean-Jacques, de son vrai nom "Jean-Jacques DESOUBRI" était un électricien belge habitant à la frontière France/Belgique, près de Tourcoing, fils illégitime d'un médecin. Il rejoignit le réseau d'évasion "COMET" en Avril 1943 comme guide sur la ligne Bruxelle-Paris et offrit immédiatement ses services à la Gestapo comme informateur. Immédiatement, le réseau COMETE fut démantelé. Formellement identifié après la libération, on estima qu'il livra environ 150 aviateurs à la Gestapo (dont une cinquantaine provenant d'Eure-et-Loir).
Finalement, Jean-Jacques DESOUBRI fut capturé par les autorités américaines en Allemagne (à Augsbourg) en 10 Mars 1947 et remis à la justice française pour être jugé en Juillet 1949. Condamné à mort, il sera fusillé dans les fossés du Fort de Montrouge (près de Paris) le 20 Décembre 1949 à 08H34. Ses dernières paroles seront: "Heil Hitler!". Pour ce qui est du traitement de Mme ORSINI, elle sera jugée par la justice française en Mai 1946 et sera acquittée, faute de preuves... .Traître ou pas traître? Nul ne le sait...
LE NOMS DES AVIATEURS DU RESEAU PICOURT
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