![]() |
|
![]() |
| PAGE D'ACCUEIL | LE CRASH DE L'EQUIPAGE DU Lt SMITH | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
LA MISSION Le 26 Mai 1944, en fin d'après midi, les bombardiers américains B-26 de la 9ème Air Force décollèrent d'Angleterre avec pour mission de bombarder le terrain d'aviation allemand de Chartres. Le 557ème Bomber Squadron (du 387ème Bomber Group) fournit deux groupes de six avions pour participer à la formation chargée de cette mission. Chaque B-26 transportait deux bombes de 900 kg. La traversée de la Manche se fit sans encombre avec le passage au-dessus de Cabourg en prenant ensuite à la direction du Sud-Est vers la cible avec un passage au Sud de Brezolles. LE B-26 DU Lt SMITH Le B-26 du Lieutenant SWITH se situait dans une formation de 3 groupes de 6 avions et était en 5ème position dans le groupe de tête. L'avion portait le N° de série 42-96199 et son équipage se composait de quatre membres habituels et de deux membres provenant de d'autres équipages:
Bombardier B-26
LE BOMBARDEMENT DE CHARTRES L'attaque de la ville de Chartres par les B-26 se fit en deux temps: une première attaque à 17H53 à haute altitude (12.000 pieds) par trois groupes de 6 avions (dont celui du Lt SMITH) puis une seconde attaque à 18H10 également à haute altitude par 15 groupes de 6 B-26. Quelques secondes avant le commencement du bombardement, la formation de la première attaque passa juste au-dessus de la ville de Saint-Georges-sur-Eure, au Sud-Ouest de Chartres puis, soudain prit la direction de Chartres en passant au-dessus de Mainvilliers et du centre ville de Chartres afin de pouvoir bombarder le terrain d'avion dans le sens de sa longueur. Les soutes à bombes furent ouvertes et les bombes armées en attendant que l'avion de tête ne donne le signal général du largage des bombes.
LE CRASH DU B-26 DU Lt SMITH C'est à ce moment que la DCA allemande au Sud de Chartres commença à tirer sur les B-26 qui s'apprêtaient à larguer leurs bombes sur le terrain d'aviation de Chartres. Une première explosion eut lieu à proximité du B-26 du Lt SMITH sans l'endommager, puis une seconde et une troisième plus proche et finalement, le quatrième tir anti-aérien (88 mm) toucha l'appareil directement dans le moteur N° 2 (à tribord). Le moteur et l'hélice furent arrachés et tombèrent ensemble, sans déclencher d'incendie à bord. Ce moteur tomba, sans exploser, près de l'église de Mainvilliers. Le moteur restant ne répondait plus au commandes et WRIGHT tenta de désarmer les deux bombes mais, du fait que le tableau de bord derrière le siège du pilote était endommagé par des éclats d'obus, aucune commande électrique ne fonctionnait. Sans un de ses deux moteurs, l'avion bi-moteurs était condamné à chuter dans les secondes suivantes, il quitta la formation en virant à droite en perdant de l'altitude et il largua ses deux bombes pour libérer la soute qui était la seule issue par laquelle l'équipage pouvait espérer s'échapper de l'avion. Seulement, trois membres de l'équipage purent sauter en parachute, les trois autres périrent dans le crash qui se produisit dans un champ à quelques kilomètres de l'objectif au Sud-Ouest de Chartres. Leur corps furent retrouvés sans parachute: ils n'eurent donc pas le temps de mettre leur parachute. L'EVASION ECHOUEE DE WRIGHT Walter WRIGHT fut le premier à pouvoir évacuer l'avion et toucha le sol sain et sauf. Il se cacha dans des taillis en attendant la nuit puis il prit la direction du Sud (vers l'Espagne...). Il traversa la rivière l'Eure et de nombreux champs, arrivant finalement à Vitray-en-Beauce. Là, Mme ROUSSEAU et son père l'accueillirent chez eux durant une semaine. La jeune femme et le vieillard remirent ensuite l'aviateur américain à un homme de 40 ans qui l'emmena à Chartres en voiture puis dans la pharmacie PICOURT, avenue Jean-de-Beauce, face à la gare. Une jeune femme l'emmena à la gare et ils prirent un train à destination de PARIS. Arrivés à la capitale, ils prirent le métro jusqu'à Pigalle et s'installèrent dans un appartement puis dans un petit hôtel avec un bar rempli de soldats allemands. Le lendemain, le 1er Juillet 1944, un homme vint chercher WRIGHT pour l'emmener dans une grande maison abandonnée dans la banlieue Nord de Paris. Dans l'après-midi du 06 Juillet 1944, accompagné de deux hommes, il tenta de traverser PARIS pour prendre un avion de la RAF mais il fut contrôlé à un barrage allemand et, malgré ses faux papiers, la méconnaissance de la langue française le trahit et il fut fait prisonnier. Le soldat allemand lui dit alors: "Aviateur américain, ja? Pour vous la guerre est terminée". Il fut ensuite emmené à la prison de Fresnes puis, en Allemagne, au Stalag Lutf III. Lors de leur détention en Allemagne, WRIGHT et SMITH se retrouvèrent dans le même camp, le Stalag Luft III alors qu'ils ne s'étaient jamais revus depuis le crash de leur B-26.
Lt Walter L. WRIGHT (Collection M. ROUSSEAU)
L'EVASION ECHOUEE DE BARTHOLOME Le second rescapé fut Neil BARTHOLOME qui atterrit
finalement à quelques mètres seulement de son bombardier. Il se cacha
dans une meule de foin à proximité alors qu'un soldat allemand arriva,
armé d'une mitraillette, pour surveiller la carcasse de l'appareil. Lors
d'un moment de répit, un civil français s'approcha et découvrit la
présence de l'aviateur américain qu'il cachat ensuite dans un bois à 500
mètres de là. Neil BARTHOLOME attendit jusqu'à la nuit tombée et deux
jeunes femmes (Melle Denise FOURREAU et une amie) vinrent le chercher en
vélo pour le ramener dans une ferme de POIFFONDS (de la famille
FOURREAU). Mademoiselle FOUREAU était membre du réseau d'évasion PICOURT
et employée de la pharmacie PICOURT. Les Allemands étaient nerveux
puisque de nombreux barrages avaient été dressés: Melle FOURREAU et Neil
BARTHOLOME durent s'embrasser et faire semblant d'être follement
amoureux l'un de l'autre pour passer sans encombre un de ces barrages.
De la ferme, un premier homme emmena ensuite son "colis" à Chartres
puis, BARTHOLOME fut rejoint par le Sgt OWENS
et un second homme de la résistance (Jean-Jacques DESOUBRIE) l'emmena à
PARIS par le train et le métro. Au lieu de l'aider à s'évader vers
Gibraltar pour regagner ensuite l'Angleterre, DESOUBRIE, membre infiltré
de la Gestapo, remit l'aviateur américain directement à la Gestapo, à
PARIS (
LA CAPTURE DU Lt SMITH Le Lieutenant Robert SMITH fut le dernier survivant à quitter son appareil, le souffle d'une explosion l'ayant expulsé à l'extérieur de la carlingue. Il eut le temps d'ouvrir son parachute et vit le bombardier revenir en vrille vers lui et lui passer juste dessous. Non loin de là, les Allemands observèrent sa descente et l'attendirent au sol. Il fut fait prisonnier immédiatement.
LE BOMBARDEMENT DU CENTRE VILLE DE CHARTRES Les deux bombes larguées dans l'urgence par le B-26 tombèrent directement dans le centre ville de Chartres, dans la Rue des Lisses et la Rue de Beauvais. Les bombardiers de tête du second groupe crurent que les deux bombes échappées de l'avion en détresse étaient le signal de largage et le second groupe largua également ses 12 bombes de 900 kg sur le centre ville (Place des Halles et Rue au Lin) causant d'énormes dommages, de nombreux morts (49) et l'incendie de la bibliothèque de Chartres. Tirant trop court, d'autres touchèrent également la basse ville (Porte-Guillaume) et le Bourgneuf. Une plaque commémorative apposée sur la Place des Halles rappelle ce triste accident. La seconde attaque, prévue dans un second temps, eut lieu sans incident et l'objectif (terrain d'aviation) fut atteint.
Hôtel de ville - Hôtel MONTESCOT (Collection J.J. FRANCOIS)
Angle Sud-Est de la Place des Halles, en allant vers la rue des Côtes (Collection J.J. FRANCOIS)
L'INHUMATION DES CORPS Le lendemain du crash, le 27 Mai 1944, trois corps (dont un complètement calciné et non identifiable) furent retrouvés dans la carcasse de l'appareil . Les inhumations eurent lieu les 27 Mai 1944 et 02 Juin 1944 au cimetière de Chartres. LE RETOUR DE SMITH ET WRIGHT En Mai 1995, Robert SMITH (le pilote) et Walter WRIGHT (bombardier) firent un pèlerinage pour retracer les différentes étapes et expériences qu'ils connurent durant la seconde guerre mondiale. La ville de Chartres était une des étapes les plus importantes à leurs yeux (lieu du crash) et ils furent accueillis par la municipalité de la ville. Ils furent bouleversés de découvrir les pertes humaines et les destructions causés par le bombardement américain du 26 mai 1944 dont l'unique cible était le terrain d'aviation occupé par les Allemands. Leur tentative d'évasion et leur capture par les autorités allemandes les emmenèrent rapidement loin de Chartres et jusqu'en 1995, ils ne surent jamais les conséquences du bombardement. Profondément choqués par cette tragédie, les deux hommes promirent, dès leur retour aux Etats-Unis, d'éclaircirent les circonstances de ce triste évènement. En décembre 1995 et après de nombreuses recherches auprès des services d'archives militaires américaines, Robert SMITH écrivit à la ville de Chartres pour expliquer les circonstances décrites ci-dessus. LA VENUE DE LA FAMILLE BARTHOLOME En 2004, la famille BARTHOLOME découvrit par hasard le présent site de l'Association (en réalisant des recherches généalogiques) et rentra en contact avec l'Association FORCED LANDING. Petit à petit, l'idée de leur venue en France naquit et s'organisa. Après avoir visité notre capitale durant quelques jours, le fils, les trois filles et l'épouse de Neil BARTHLOME vinrent à Chartres les 15, 16 et 17 octobre 2004 (Neil est décédé depuis quelques années). Ils rencontrèrent M. MARIE, témoin de crash du B-26, ainsi que M. ROUSSEAU et ils furent emmenés sur les lieux du crash.
Brian, Susan, Joan, Gail et Betty sur les lieux du crash
|
copyright 2003