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| PAGE D'ACCUEIL | LE RAID DU 07 JANVIER 1944 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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.. LA MISSION DU JOUR Le 07 Janvier 1944, la 8ème Air Force envoya 420 quadrimoteurs bombarder la ville de Ludwigshafen en Allemagne. Ces bombardiers appartenaient aux 1ère et 3ème Bomber Division (351 Forteresses volantes B-17) et au 2ème Bomber Division (69 Libérators B-24). Les Libérators de la 2ème Bomber Division venaient de 5 Bomber Group différents:
L'ATTAQUE DES CHASSEURS ALLEMANDS Après avoir bombardé la ville de Ludwigshafen avec succès, les bombardiers américains prirent le chemin du retour. Toutefois, à leur passage au dessus de Chateauneuf-sur-Loire entre 13H00 et 13H30, les B-24 du 389ème BG et du 93ème BG furent pris pour cible par des chasseurs allemands du JG2 de type Fw-190. Cette attaque entraîna la chute de 5 B-24 entre VRIGNY (Loiret) et UNVERRE (Eure-et-Loir), sans perte pour les Allemands. Les deux premiers bombardiers furent abattus au-dessus du Loiret (VRIGNY et SULLY-LA-CHAPELLE) puis trois autres furent abattus en Eure-et-Loir.
LE CRASH DE BAZOCHES-LES-HAUTES Le B-24H-1-FO du 389ème BG, 565th BS fut le troisième bombardier abattu près d'Orgères-en-Beauce. Cet appareil portait le nom de "Blunder Bus" et le N° de série 42-7593. Son équipage se composait de la façon suivante:
Equipage du B-24 "BLUNDER BUS" Nr 42-7593 Un premier compte rendu des autorités françaises de l'époque (Commissariat de Chartres) précisa que 6 aviateurs sautèrent en parachute de cet "avion anglais" (erreur commune à l'époque...). Un second rapport de la gendarmerie de Châteaudun daté du 08 Janvier 1944 ajouta qu'un de aviateurs américains fut découvert blessé et capturé par les soldats allemands. Ce blessé fut conduit immédiatement à l'hôpital de Châteaudun pour y être soigné. Le corps de James DILLON fut retrouvé dans la carlingue de l'avion et fut inhumé le 10 Janvier suivant au cimetière Saint-Chéron à Chartres (Section 60 N°15). Ainsi, le premier bilan fit ressortir un tué, un prisonnier blessé et 8 évadés. La tentative d'évasion des survivants Nous retrouvons la trace des évadés quelques jours plus tard grâce au Réseau d'évasion Picourt. En effet, les aviateurs américains furent pris en charge par des habitants d'Orgères-en-Beauce appartenant à la résistance locale.
Mr PICOURT alla "récupérer" 6 des 7 aviateurs évadés à Orgères-en-Beauce (STRAYER, HIRSCH, TACKRAY, NOBLES, GILBERT et DONLEY) et fut appelé pour "prendre livraison" du 7ème aviateur au Gault-Saint-Denis. Avec l'aide d'un autre homme partisan du Général De Gaulle, Mr PICOURT emmena les 7 aviateurs à Paris en train afin de les remettre à un autre réseau d'évasion qui les acheminera ensuite vers Gilbraltar où ils devaient regagner l'Angleterre. Malheureusement, la traversée des Pyrénées se passa mal et une avalanche emporta TACKRAY ainsi que les quatre accompagnateurs. Le restant du groupe fut fait prisonnier par les Allemands avant la frontière.
LE CRASH DU B-24 DE BOUVILLE Le B-24D-125-CO (N° de Série 42-41013) de la 389ème BG, 566th Bomber Squadron fut le 4ème B-24 abattus et avait à son bord 11 aviateurs:
Rang du fond (de gauche à droite): Same FLATTER, James Mc CONNEL, Lt HARRY, Capitaine WILHITE, Rudy SALTIES, Harold SAUNDERS Rang de devant (de gauche à droite): Charles DENNY DEWITT, Max SNYDER, Roger CAPLINGER, Robert SWEATT.
Le bombardier dénommé "TROUBLE" et piloté par le Capitaine WILHITE fut attaqué par des Fw-190 lance-rocket à environ 21.000 pieds d'altitude et deux projectiles touchèrent l'avion, l'un dans le cockpit, l'autre dans l'aile droite. L'avion s'enflamma et quitta sa formation. Seuls Robert SWEAT, Wendall DAILY et un troisième aviateur non identifié purent évacuer leur avion et sauter en parachute. Robert SWEAT était à demi-sorti par une fenêtre du bombardier quand celui-ci explosa et il en fut éjecté. D'après cet aviateur, son co-pilot Wendall DAILY fut exécuté par les Allemands avant de toucher le sol.
L'EVASION DE ROBERT SWEAT Robert SWEATT attendit un mile avant d'ouvrir son parachute mais il fut blessé à la veine jugulaire. Il fut immédiatement recueilli par un habitant de Bouville qui travaillait à proximité de son point de chute. Les récentes recherches ont permis de déterminer que Robert SWEATT avait atterri quelques centaines de mètres avant le crash de son appareil. Le français lui remit des vêtements de civil et le cacha rapidement dans un tas de fumier alors que les Allemands arrivèrent nombreux pour capturer les éventuels survivants au crash. Il ne fut pas découvert et les Allemands repartirent après avoir emporter dans des cercueils les corps calcinés restés dans la carlingue. Une fois en sécurité, l'aviateur fut soigné par un docteur des environs. Il fut ensuite transféré à Paris suivre la ligne "Bonaparte" et regagna l'Angleterre le 23 Mars 1944 ( voir Réseau Shelburn). L'INHUMATION DES CORPS D'après les autorités françaises de l'époque, on compta dans un premier temps deux morts. Finalement, le jour même, les fouilles des décombres fumantes de l'appareil ont mis en évidence la présence de 7 corps. Jusqu'à aujourd'hui, personne de la commune ne savait où étaient partis les corps des aviateurs. Or, nous savons désormais que ces derniers furent inhumés le 10 Janvier 1944 au cimetière Saint-Chéron de Chartres dans les sections 60 et 61. Le 17 Janvier 1944, deux nouveaux corps non identifiés furent découverts et inhumés au cimétière de Saint-Chéron de Chartres. Le 12 Mars 1944, à 10H00, Mr BROUTIN, journalier au bourg de Bouville découvrit un cadavre non identifié d'un aviateur américain dans un bois de sa commune. Ce corps était l'un des aviateurs du B-24 tombé le 07 Janvier 1944 à Bouville, sans doute le troisième parachutiste non identifié. L'ensemble des corps des aviateurs furent exhumés après la guerre pour rejoindre leurs camarades dans les cimetières américains de Normandie (St-Laurent-sur-MER) ou de Belgique (Neupre). Robert SWEAT fut le seul survivant de cette tragédie et il vit toujours aux USA, au TEXAS.
LE CRASH D'UNVERRE Le dernier bombardier abattu fut le B-24 N° 42-40990 du 93ème BG, 328th BS tombé à Unverre, près de Brou. Il portait le nom de "ON THE BALL". La mission de ce B-24 était de bombarder la ville de Mannheim près de Ludwigshafen pour bombarder les usines KRUPP. La route prévue pour aller et le retour était un passage à 150 Km au Nord de Paris. L'aller se passa normalement mais le retour imposa de dévier la route des bombardiers qui passèrent finalement au Sud de Paris. Son équipage était le suivant:
Le rapport américain précise que les moteurs N°2 et N°3 étaient en feu, touchés par des projectiles et l'avion se remplit de fumées. Le bombardier sortit de la formation. Le pilote ordonna l'évacuation de l'appareil et le radio-opérateur (DEL GUIDICE) ouvrit la porte de la soute. Le mécanicien fut le premier à sauter en parachute, suivi du radio-opérateur ( à 7.000 pieds d'altitude) et des autres ( le pilote sauta à 5.000 pieds). Le navigateur Harmon SMITH sauta le dernier alors que les mitrailleurs étaient toujours dans l'avion. Le Sgt STAINKER était prisonnier de sa tourelle et les deux mitrailleurs latéraux (Elmer KUDEJ et Vincent SWEET) tentèrent de le délivrer mais ne purent y parvenir avant que l'avion n'explose à proximité du sol. Les trois mitrailleurs périrent dans la carcasse du bombardier. Les autorités de l'époque dénombrèrent trois morts (retrouvés dans l'épave de l'appareil) et deux ou trois parachutistes furent observés (ils ne furent pas retrouvés et s'évadèrent). Les trois corps furent inhumés au cimetière Saint-Chéron (Section N°60) à Chartres le 10 Janvier 1944 en même temps que les corps des aviateurs du B-24 abattu à Bouville. L'évasion des survivants Il semble que Jack GEORGES (le bombardier) et Harmon SMITH (le navigateur) aient été séparés du restant du groupe survivant lors de leur saut en parachute. Les deux aviateurs se retrouvèrent la nuit suivante. Ils furent ensuite accueillis par la résistance locale puis envoyé à Paris (Chez Mr Pierre BIETRIX demeurant au 2 Bis, Rue de Monceau à Paris). Toutefois, lors leur périple vers l'Espagne, ils furent capturés par les Allemands puis emprisonnés au camp de concentration jusqu'en Juillet 1945. De leur coté, BICKLEY, DEL GUIDICE, WALTER et HITE furent pris en charge par la résistance locale de Brou (Mr Maurice VOULIZAUD). 15 jours après leur crash, les aviateurs étaient à Paris puis s'évadèrent de France en passant par l'Espagne. Ils retournèrent en Angleterre en Mars 1944.
LA VERSION ALLEMANDE De leur côté, les archives allemandes révèlent que les chasseurs allemandes du JG2 auraient abattus 7 bombardiers le 07 Janvier 1944 entre Orléans et Dreux entre 13H04 et 13H18. Voici le détail de ces victoires:
A noter que le Major Egon MAYER était, à l'époque, le commandant de la Jagdgeschwader 2 " Richthofen" (du 01.07.1943 au 02.03.1944) et basé à Cormeilles-en-Vexin.
Fw-190A du JG2
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